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Que montre Constantin Makovski sur son tableau L’Assassinat du Fils de Boris Godounov?

Galerie Tretiakov
Fiodor Godounov, qui hérita du trône de son père Boris à l’âge de 16 ans, aurait fait un bon tsar. Mais, il fut celui dont le règne fut le plus court de l’histoire de la Russie.

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Constantin Makovski était un maître de la peinture d’histoire. Il nourrissait un intérêt profond pour ce genre depuis ses années d’études à l’Académie Impériale des Beaux-Arts. En 1862, il présenta au concours de l’Académie le tableau Les Agents de Dimitri l’Imposteur Assassinent le Fils de Boris Godounov.

Le peintre choisit d’illustrer un épisode qui se déroula dura le Temps de Troubles, l’une des périodes les plus dramatiques de l’histoire russe. En 1598 s’éteignit le tsar Fiodor Ivanovitch, le dernier fils qu’un Ivan IV le Terrible avait eu de son premier lit. Mort sans enfant, il fut le dernier représentant de la branche régnante des Riourikides. Son beau-frère Boris Godounov fut désigné comme son successeur. En 1603, en Pologne se fit connaître un jeune homme qui prétendait être Dimitri, le dernier fils d’Ivan IV né de son 6e mariage. Or, le véritable tsarévitch était mort durant son enfance dans des conditions étranges à Ouglitch en 1591. Cet imposteur, resté dans l’histoire comme le 1er Faux-Dimitri, conclut un accord avec le roi de Pologne Sigismond III. À l’automne 1604, il franchit la frontière de la Moscovie à la tête d’une petite armée. Boris Godounov mourut au printemps 1605. Son fils Fiodor, alors âgé de 16 ans, lui succéda.

Faux-Dimitri Ier
Musée historique d'État de Moscou

Ses contemporains le décrivaient comme un jeune homme cultivé que son père avait préparé très tôt à régner. En dépit de sa jeunesse, il siégeait au conseil des boyards, recevait en audience les émissaires étrangers. Le voïévode Piotr Basmanov, chargé de recueillir le serment de fidélité à Fiodor des armées qui combattaient le Faux-Dimitri, fit défection et rejoignit l’usurpateur. Il entra avec lui dans Moscou en juin 1605.

Galerie Tretiakov

Les événements se précipitèrent. Le tsar, qui n’avait régné que 49 jours sans avoir été couronné, sa sœur Xénia et leur mère Maria furent arrêtés. Le Faux-Dimitri fut proclamé tsar. Dix jours plus tard, Fiodor et sa mère furent tués, non sans avoir lutté désespérément pour leur vie. Les 4 assassins n’épargnèrent que Xénia, que le Faux-Dimitri prit en otage avant de la faire tonsurer.

Galerie Tretiakov

Les cadavres de Fiodor et de sa mère furent exposés en place publique. En dépit des marques laissées par des cordes sur leurs cous, on voulut faire croire qu’ils s’étaient suicidés. Ils furent enterrés au monastère Saint-Barsanuphe où l’on inhumait ceux qui avaient mis fin à leurs jours.

Constantin Makovski montre que les crimes ont lieu devant des icônes. Il donne ainsi à comprendre que trois sacrilèges furent commis : non seulement les assassins enfreignirent le 6e commandement dans une église, mais ils ôtèrent la vie au souverain en titre dont le pouvoir était sacré.

Galerie Tretiakov

Cette toile valut à son auteur la petite médaille d’or et le droit de participer au concours pour l’obtention de la grande médaille d’or. Ce qu’il ne fit pas. L’année suivante, en 1863, avec d’autres étudiants, il protesta contre le système d’enseignement daté à l’Académie Impériale des Beaux-Arts et la quitta.

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