Comment l’IA présente-t-elle la Russie aux étrangers?
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Nous avons posé la même question aux IA les plus populaires :
« Selon toi, que doit savoir un étranger sur la Russie ? Imagine qu’il n’y soit jamais venu et qu’il n’ait aucune idée de ce qu’est ce pays. Réponds brièvement. »
Presque toutes ont commencé par la même chose : la Russie est le plus grand pays du monde. « Mais les longues distances égayent les longs trajets en train », rassure Alissa, IA du géant russe Yandex. De même, tous les réseaux neuronaux ont souligné que l’hiver fait partie intégrante de l’image de la Russie, certains allant même un peu trop loin : « Le climat est rigoureux : de longs hivers froids presque partout, y compris dans le Sud ». (Claude, États-Unis)
Presque tous remarquent d’emblée que les Russes ne sourient pratiquement jamais. Cependant, ils s’empressent d’ajouter : il suffit de mieux connaître les Russes pour qu’ils s’ouvrent immédiatement ! « Réservés avec les inconnus, ils ne sourient pas à tout le monde, mais leur amitié est profonde et naît rapidement », explique DeepSeek (Chine). « L’absence de sourire est considérée comme un signe de sincérité, et non de politesse », renchérit Qwen (Chine). Quant à Gemini (États-Unis), il propose une recette universelle : « En comprenant ce contraste entre l’apparence extérieure et la chaleur intérieure, le voyageur pourra véritablement découvrir ce pays ».
En matière de politique, les réseaux neuronaux conseillent d’aborder le sujet avec prudence et de ne pas le faire tout de suite.
« Ne parlez pas tout de suite de politique », affirme catégoriquement DeepSeek. ChatGPT rappelle de son côté que « le rapport au passé et à l’État peut varier considérablement d’une personne à l’autre », tandis que Perplexity conseille « d’éviter les généralisations hâtives sur la politique et l’histoire ».
Alissa rappelle que la Russie est très hétérogène : « ce qui est courant à Moscou peut ne pas correspondre du tout aux coutumes de l’Extrême-Orient ou des républiques du Caucase ».
Dans la représentation collective de l’IA, la Russie semble même un peu figée dans le temps. L’on y trouve Tolstoï et Dostoïevski, le ballet, l’hiver rigoureux, le train, le bania (sauna russe) et les pelmenis (ravioles traditionnelles), mais la vie quotidienne contemporaine n’y apparaît pratiquement pas.
Claude a d’ailleurs qualifié la littérature, le ballet, la musique et la tradition théâtrale de « source de fierté et partie intégrante de l’identité quotidienne ». « Ici, l’on aborde l’art avec profondeur, comme un moyen d’accéder à la vérité », explique Qwen.
Il y a toutefois quelques exceptions : Perplexity (États-Unis) relate : « Moscou et Saint-Pétersbourg sont modernes, trépidantes et chères ; dans les petites villes, le rythme est généralement plus calme et les relations personnelles ont plus d’importance ». Cette IA prévient également que « toutes les cartes bancaires étrangères ne fonctionnent pas ». Eh bien, c’est même un peu trop optimiste : les cartes Visa et Mastercard étrangères ne fonctionnent pas du tout en Russie. Quant à Kimi (Chine), elle a pour une raison inconnue tenu à signaler séparément à un étranger qu’il y a du Wi-Fi dans le métro de Moscou.
Le plus drôle commence lorsque l’IA tente d’expliquer la mystérieuse « âme russe » :
« Si un Russe vous considère comme un ami, c’est pour toujours », assure Qwen. « Les stéréotypes sur les ours et la vodka sont exagérés », rassure de son côté Kimi.
C’est néanmoins DeepSeek qui est allée le plus loin : « Les lois sont souples, ce qui importe davantage, ce sont les notions informelles de justice ». Puis il a même fourni un guide complet pour s’immerger dans la culture russe : « La clé de la culture, c’est la littérature de Tolstoï et de Dostoïevski, ainsi que l’acceptation de la souffrance comme faisant partie de la vie. Au quotidien, l’argent liquide et la patience vous seront utiles ; essayez le bania et les pelmenis ».
Notons donc bien : Dostoïevski, la souffrance, l’argent liquide, la patience, le bania, les pelmenis.
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