GW2RU
☰
GW2RU
✕

Elle a sauvé dix-sept soldats soviétiques malgré son handicap

Fenêtre sur la Russie (Photo: Israel Ozerski/Sputnik; OpenAI)

Outre sur Telegram, Fenêtre sur la Russie diffuse désormais du contenu sur sa page VK! Vidéos, publications dédiées à l’apprentissage du russe et plus encore dans notre communauté

En octobre 1941, les Allemands occupèrent le village de Iourievskoïé, au sud-ouest de Moscou. Dix-sept soldats soviétiques, faits prisonniers et grièvement blessés, furent laissés dans l’église locale. Les habitants les transférèrent dans une maison abandonnée, mais personne ne voulait s’occuper d’eux, à l’exception de Pelagueïa Braguina.

« Je suis arrivée auprès d’eux et une odeur de sang putréfié, de pus, d’urine et d’excréments m’a sauté au nez. Les soldats gisaient sur le sol, sur du foin sale. Plus personne n’avait besoin d’eux, ils étaient abandonnés de tous », se souvenait-elle.

Pelagueïa fit de son mieux pour les aider, les soignant avec des plantes et tout ce qu’elle parvenait à se procurer. Elle lavait les pansements souillés de sang pour pouvoir les réutiliser. Pour elle, c’était un véritable exploit : dans sa jeunesse, elle avait souffert d’une tuberculose osseuse à la jambe et en était restée handicapée à vie. Peu à peu, des voisins et des habitants des villages alentour commencèrent à lui apporter discrètement leur concours. Les partisans, qui avaient eux aussi appris l’existence de cet hôpital de fortune, lui vinrent également en aide.

Les Allemands savaient que la maison abritait des soldats blessés, mais ne prirent aucune mesure. Seul le chef du village menaçait de les envoyer dans un camp de prisonniers de guerre une fois rétablis.

Chaque matin, Pelagueïa se réveillait avec la crainte que les nazis ne viennent achever ceux dont elle s’occupait. Lorsque des Allemands entraient dans la maison, elle demandait aux soldats de l’Armée rouge de se détourner, de fermer les yeux et de garder espoir : les leurs ne tarderaient pas à arriver.

L’épisode le plus dangereux se produisit le 1er janvier 1942, pendant la contre-offensive soviétique près de Moscou. Une colonne allemande en retraite traversait le village lorsqu’un groupe de soldats, accompagné d’un officier, entra dans la maison. Pelagueïa pensa que les blessés allaient cette fois être exécutés. Elle se précipita alors pour les protéger de son propre corps :

« À cet instant, j’étais prête à tout. Leur vie était ma vie. S’il fallait vivre, nous vivrions tous. S’il fallait mourir, je voulais être la première à mourir ».

Heureusement, le pire fut évité. Trois jours plus tard, l’Armée rouge entra dans Iourievskoïé.

Dans cette autre publication, découvrez cinq femmes devenues héros de l'Union soviétique.