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Les destinations privilégiées des monarques russes à travers leur empire

Fine Art Images/Heritage Images / Getty Images
Les distances n’étaient rien, surtout lorsque l’on chevauchait à toute vitesse sans faire de halte ou que l’on voyageait dans les meilleures conditions de confort possible en compagnie de ses ministres et de souverains étrangers!

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Pierre le Grand (1672-1725)

Pierre Ier
Musée russe

Faire la route qui reliait Saint-Pétersbourg à Moscou en trois jours en faisant des haltes uniquement pour changer de chevaux ? Rien d’impossible pour Pierre Ier qui aimait voyager vite et ne perdait pas de temps à se restaurer ni à dormir dans les relais de poste. Sur ce trajet, que le tsar emprunta souvent pendant la construction de Saint-Pétersbourg, une centaine d’équipages étaient en permanence à sa disposition.

Le premier empereur russe aimait prendre les eaux. Il avait séjourné à Karlsbad (Karlovy Vary), Bad Pyrmont et Spa et encouragea le développement de villes d’eau en Russie. Il fut l’un des premiers à venir à Marcial, en Carélie. On lui construisit un palais en bois près de la source. De Saint-Pétersbourg, l’hiver, la route prenait trois jours. Pierre Ier aimait prendre soin de sa santé en se divertissant. Il créa la fonction de « maréchal de l’assemblée des curistes » qu’il confia à d’Acosta, son bouffon préféré. 

Catherine II (1729-1796)

Catherine II
Musée historique d'État de Moscou

Quatorze carrosses, plus d’une centaine de traîneaux (sans compter la quarantaine de réserve), plus de trois mille personnes... Telle était la composition du cortège de l’impératrice lors de son voyage en Tauride (Crimée) à l’été 1787, soit un peu plus de quatre ans après l’annexion de la péninsule à la Russie en avril 1783. Catherine II était accompagnée du prince Grigori Potemkine et d’hôtes étrangers : le roi de Pologne Stanisław August Poniatowski ; l’empereur d’Autriche Joseph II ; le feldmarschall autrichien Charles-Joseph Lamoral, prince de Ligne ; et le comte Louis-Philippe de Ségur (le grand-père du mari de la comtesse de Ségur, née Sofia Rostopchine), ambassadeur de France à la cour de Russie. Ils firent étape à Bakhtchyssaraï, Sébastopol, Soudak et Théodosie. Ce voyage, qui dura plus de six mois, fut, dans le souvenir des témoins, une marche triomphale qui donna l’occasion aux souverains et à leurs suites d’admirer les curiosités de la péninsule.

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Vingt ans plus tôt, Catherine avait descendu une partie du cours supérieur de la Volga en bateau. La flottille était composée de galères pour elle et les membres de sa suite, pour les cuisines, pour la prise en charge des malades et blessés. Un navire était réservé aux ministres étrangers. Au cours de leur voyage d’un peu plus de deux mois, ils avaient, entre autres, vu Tver, Ouglitch, Kostroma, Nijni-Novgorod, Tchéboksary et Sinbirsk (l’actuelle Oulianovsk), d’où ils étaient rentrés par voie terrestre.

Alexandre Ier (1777-1825)

Alexandre Ier
Collection privée

Alexandre Dumas, qui avait l’habitude d’enjoliver la réalité, que l’empereur Alexandre Ier avait tant voyagé qu’il avait parcouru une distance équivalente à six fois le tour de la Terre. Vrai ou pas, il n’en reste pas moins que ce tsar aimait les voyages. En 1819, il en fit un en Finlande, alors grand-duché au sein de l’empire russe.

L’année précédente, au cours de son séjour en Tauride, il avait été le premier souverain russe à visiter les habitats  troglodytiques de la forteresse de Çufut Qale (aujourd’hui à 2, 5 kilomètres à l’est de Bakhtchyssaraï) et à se rendre à Kertch. Il revint en Tauride sept ans plus tard et séjourna à Bakhtchyssaraï, Eupatoria, Aloupka, Gourzouf. Il se promena dans les allées du jardin botanique de Nikita, près de Ialta. Il profita aussi du parc de la propriété d’Orenda (aujourd’hui dans Ialta) qu’il avait récemment offerte à son épouse. Malade, il dut interrompre ce voyage. En route pour la capitale, il rendit l’âme à Taganrog

Nicolas Ier (1796-1855)

Nicolas Ier
Musée russe

Dans les années 1830, Nicolas Ier parcourut toute la partie européenne de l’empire. Il n’aimait pas avancer à un rythme mesuré et ordonnait que son équipage roule le plus vite possible. Il voyageait habituellement en automne. Son programme était immuable : revue des troupes, inspections des fortifications, visite des hôpitaux et des institutions d’enseignement, découverte des monuments. Il se rendit, entre autres, en Tauride, dans le Caucase, à Pskov, Novgorod, Smolensk, Voronèje, Tambov et Toula.

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Ses sujets avaient l’impression que Nicolas Ier était constamment sur les routes. Il ne craignait ni les conditions de voyage spartiates, ni le danger. Un jour, lors d’un déplacement dans le gouvernement de Penza, une roue de son équipage se détacha. Il eut un bras et une clavicule cassés. Il ne resta pas à attendre les secours sur le lieu de l’accident. Il fit une petite vingtaine de kilomètres à pied jusqu’à la ville la plus proche. On a donné un nom humoristique à cet épisode : la culbute ou la galipette (кувырколегия / kouvyrkaléguia).

Alexandre III (1845-1894)

Alexandre III (au centre)
Domaine public

À l’automne 1888, Alexandre III et sa famille partirent pour le Caucase. Ils empruntèrent la voie de chemin de fer qui reliait Rostov-sur-le-Don à Vladikavkaz. Elle avait été inaugurée en 1875. Durant ce voyage, la famille impériale visita Rostov-sur-le Don, le monastère du Nouvel Athos, Novorossiïsk, Minvody, Vladikavskaz et Tiflis. À l’entrée du défilé de Borjomi, Alexandre III passa des troupes en revue. À Bakou, qu’il fut le seul souverain russe à découvrir, il visita les installations pétrolières des frères Nobel.

Accident de train de Borki
Fine Art Images/Heritage Images / Getty Images

À Batoumi, la famille impériale s’embarqua pour Sébastopol où elle prit le train pour rentrer à Saint-Pétersbourg. Le 17 octobre, près de la gare de Borki, son train dérailla : le souverain et ses proches échappèrent miraculeusement à la mort.

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