Forêt noire: un film consacré à un poète et résistant tatar projeté à Bruxelles
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Le 7 mai, la Maison russe dans la capitale belge projettera le film La Forêt noire consacré au destin du poète et résistant tatar Moussa Djalil. Réalisé en 2024 par Radik Koudoïarov, il a été reconnu, avant même sa sortie en salles, comme le meilleur long métrage au Asti International Film Festival en Italie, et a également été primé dans des festivals de cinéma russes. Le titre du film fait référence à une ancienne chanson tatare, qui résonne pendant les scènes les plus poignantes et reflète les émotions du héros ainsi que ses racines.
Au cœur de l’intrigue, se trouvent les dernières années de la vie de Moussa, passées dans les prisons berlinoises avant son exécution à la guillotine. Djalil s’est retrouvé captif des Allemands en raison de sa participation à une cellule communiste clandestine au sein de la Légion Idel-Oural, unités collaborationnistes composées de représentants des peuples de la Volga. En détention, il n’a pas cédé et a continué à écrire des poèmes appelant à la résistance contre les nazis. Le Standartenführer Rudolf Fleischmann lui a promis la liberté s’il contribuait à mettre fin aux activités subversives dans la Légion, mais Moussa n’a pas succombé à la tentation.
La projection est dédiée au 120e anniversaire de la naissance du héros et à la célébration de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
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Moussa Djalil est né dans la Russie prérévolutionnaire, au village de Moustafino (aujourd’hui dans la région d’Orenbourg) et a été passionné de littérature dès son plus jeune âge, ce qui lui a finalement permis de devenir l’une des figures marquantes de la poésie tatare du XXe siècle. Djalil a été témoin des événements de la guerre civile russe, au cours de laquelle il a adhéré aux idées communistes et a suivi les soldats de l’Armée rouge. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, il a été l’un des premiers à s’engager comme volontaire sur le front. Il a été blessé à la poitrine lors de la bataille de Liouban, qui visait à briser le siège de Leningrad. Ayant gagné la confiance des nazis, il a été chargé des activités culturelles et éducatives au sein de la Légion Idel-Oural. Il a utilisé cette position pour organiser des évasions de prisonniers, établir des liens clandestins, recruter de nouveaux membres pour la Résistance et convaincre d’autres collaborationnistes de passer de l’autre côté du front. En 1943, sa cellule partisane a été démantelée et il s’est retrouvé emprisonné à la prison de Moabit. C’est là qu’il a créé un cycle poétique connu sous le nom de Carnets de Moabit, qui a été sorti de prison par ses camarades de la Résistance. En 1944, il a trouvé la mort à la prison de Plötzensee.
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