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Les cinq chats les plus célèbres de la littérature russe

Créé par OpenAI / Legion Media
S’ils sont aujourd’hui des personnages incontournables des mèmes, les chats inspiraient souvent la peur il y a encore un siècle.

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Dans la littérature russe, les chats sont fidèlement décrits comme ce qu’ils ont toujours été pour beaucoup : des monstres dangereux, des êtres revenus de l’autre monde ou des boules de poils adorables et utiles pour chasser les souris. S’ils ont toujours été moins populaires que les chiens, cinq d’entre eux sont toutefois entrés dans l’histoire de la littérature russe.

Le chat Baïoun / Кот Баюн

Domaine public / Legion Media

Baïoun signifie « bavard », « narrateur ». Ce chat est un personnage incontournable du folklore russe. Cet énorme matou est un mangeur d’hommes. De sa voix de sirène, il berce ceux qu’il croise sur les routes avec des histoires et des chansons puis les tue. Dans les contes russes, les puissants chargent souvent le héros d’attraper le chat Baïoun en espérant que celui-ci les débarrassera de leur rival potentiel.

Le chat Vaska d’une des fables d’Ivan Krylov / Кот Васька

Domaine public / Legion Media

L’histoire de la célèbre fable Le Chat et le Cuisinier est simple : un cuisinier s’enivre dans un cabaret. Lorsqu’il rentre chez lui, il découvre que son chat a, en son absence, mangé un pâté. Il le prend en flagrant délit de dégustation d’un poulet. Le cuisinier lui adresse une longue volée de reproches verbeux qui laissent le matou indifférent : « il l’écoute en continuant de manger ». Pendant que le cuisinier fait la preuve de ses dons d’éloquence, le chat termine non seulement la volaille mais aussi un rôti. La morale de la fable est la suivante : mieux vaut agir que de perdre son temps en longs discours inutiles. Mais est-elle aussi évidente en l’occurrence ? Il ne fait aucun doute que le cuisinier aime son chat Vaska. Il se contente de lui faire des reproches parce qu’il est incapable de lui faire le moindre mal et que, dans le fond, il est heureux que son matou mange ce qui lui fait plaisir.

Le chat savant d’un des poèmes d’Alexandre Pouchkine / Кот учёный

Vladimir Viatkine / Sputnik

À lire les œuvres d’Alexandre Pouchkine, on imagine facilement qu’il aimait les chats. Il savait pour le moins les décrire. Dans Eugène Onéguine, un chat prédit la venue d’invités (selon la superstition, en se lavant longuement). Dans Doubrovski, le forgeron Arhip sauve un chat du toit de la maison de son propriétaire ravagée par les flammes. Dans le poème Le Comte Nouline, le chat est qualifié de « chouchou de la servante ». Mais le plus connu est le chat savant qui apparaît dans le prologue du conte en vers Rouslan et Lioudmila. Il est inspiré du chat Baïoun mais il est inoffensif (sauf peut-être pour les souris et les oiseaux !).

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La chatte-sorcière d’un des contes de Nicolas Gogol / Кошка-ведьма

Créé par OpenAI

Dans les œuvres de Nicolas Gogol, les chats sont souvent associés à la sorcellerie ou à l’autre monde. C’est particulièrement évident dans la nouvelle La Nuit de Mai ou la Noyée. La jeune femme du centenier est en réalité une sorcière qui se transforme en une méchante chatte noire pour se débarrasser de sa belle-fille. Nicolas Gogol décrit le félin de manière très expressive : son pelage est « brûlant » et elle a « des griffes de fer » dont on entend le cliquetis sur le parquet quand elle marche. Elle s’introduit dans la chambre de sa victime et lui saute au cou. La jeune fille parvient à attraper le sabre de son père et à couper une patte à la chatte. Le lendemain matin, elle voit que sa belle-mère a un bras bandé.

 Le chat Béhémoth du Maître et Marguerite / Кот Бегемот

Créé par OpenAI

Béhémoth est l’un des chats les plus expressifs et charmeurs de la littérature russe. Il est le bouffon préféré et un membre de la suite de Woland, qui n’est autre que le diable. Béhémoth est un matou énorme, « noir comme un corbeau ou comme la suie, avec de terribles moustaches de capitaine de cavalerie. » Il se déplace sur ses pattes arrière et parle d’une voix humaine. Il a la capacité de se transformer en humain. Il est alors un individu bedonnant coiffé d’une casquette déchirée avec un museau de chat. Béhémoth boit de la vodka qu’il accompagne de champignons marinés, crée la panique, allume un incendie, tire pour rire sur des agents de la sécurité intérieure dans le « mauvais appartement », dérobe la tête de Berlioz et se conduit comme un véritable fripon. À la toute fin du roman, lorsque tous les membres de la suite de Woland laissent tomber les masques, Béhémoth redevient un « jeune homme chétif ».

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