Dix faits sur le célèbre joaillier Karl Fabergé
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Ses ancêtres ont fui l’Europe
Karl Fabergé est né le 30 mai 1846 à Saint-Pétersbourg dans la famille du joaillier Gustave Fabergé. Ses ancêtres étaient des Français portant le nom de Favri, qui avaient été contraints de quitter le pays dès le XVIIe siècle en raison des persécutions contre les protestants. Ils finirent par s’installer en Allemagne et changèrent de nom. Le grand-père de Karl, Pierre, s’installa dans la province de Livonie de l’Empire russe dans les années 1790, et son fils Gustave s’établit plus tard à Saint-Pétersbourg, où il apprit le métier de joaillier.
C’est Gustave qui fonda la maison de joaillerie Fabergé en 1842, qui passa ensuite sous la direction de Karl.
Il a travaillé gratuitement comme restaurateur à l’Ermitage
Le jeune Karl a reçu une excellente éducation : à 18 ans, il est parti pour un « tour du monde » à la découverte des capitales européennes de la joaillerie. Il a ainsi étudié auprès de joailliers en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne. Il a également étudié les collections des musées de Florence.
De 1867 à 1883, il a travaillé à l’Ermitage, où il s’occupait de la réparation et de la restauration d’œuvres d’art historiques. Et ce, gratuitement. Les années passées en tête-à-tête avec l’art lui ont forgé un goût remarquable, qui s’est sans aucun doute reflété dans ses créations joaillières.
Son premier œuf a été réalisé pour l’impératrice en 1885
Karl Fabergé a attiré l’attention de la famille impériale en 1882. Le jeune joaillier avait remporté la médaille d’or de l’Exposition artistique et industrielle de Russie à Moscou, à laquelle avaient assisté Alexandre III et son épouse Maria Fedorovna.
En 1885, l’empereur chargea par conséquent Fabergé de réaliser, en guise de cadeau pour son épouse, un œuf de Pâques contenant une surprise qui lui rappellerait son enfance au Danemark. Karl Fabergé créa donc un œuf en émail blanc avec un « jaune » en or et une petite poule en or aux yeux de rubis. L’œuvre fit sensation, et Fabergé se mit dès lors à réaliser chaque année des œufs de Pâques pour les Romanov.
L’on recense 71 œufs signés Fabergé
La maison de joaillerie Fabergé réalisait des œufs tant pour les empereurs que pour des particuliers. À ce jour, l’on recense 71 œufs de sa création, dont 52 (54 selon d’autres sources) étaient destinés aux empereurs russes.
Chaque œuf était un chef-d’œuvre : ainsi, à l’intérieur de l’œuf nommé « Paon », se trouvait un oiseau mécanique qui déployait sa queue ; celui du « Kremlin de Moscou » jouait un chant de Pâques ; l’œuf « du Couronnement » abritait quant à lui une copie exacte de la calèche de Catherine II.
Il utilisait des matériaux inattendus en joaillerie
Les créations de la maison Fabergé se caractérisaient toujours par une conception originale et une exécution de grande qualité.
Il fut l’un des premiers à utiliser l’acier, l’étain, le bouleau de Carélie et les pierres précieuses de l’Oural pour créer des chefs-d’œuvre de joaillerie et des objets de fantaisie précieux à tous égards.
Il acquit une renommée mondiale
La renommée de la maison s’étendit bien au-delà des frontières de la Russie. Elle remporta une médaille d’or à l’Exposition nordique de Copenhague en 1888 et obtint le titre de fournisseur officiel des rois de Suède et de Norvège en 1897. Il fut également membre du jury à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et reçut la Légion d’honneur.
De plus, c’est la maison Fabergé qui fut la première entreprise russe à s’implanter au Siam (Thaïlande).
Au sommet de sa gloire, Fabergé ne faisait que diriger l’entreprise
La maison de joaillerie ouvrit des succursales à Moscou, Kiev, Odessa et Londres.
Karl Fabergé lui-même s’occupait en fait de la gestion, tandis que les commandes étaient réalisées par des artisans – ils étaient environ 500. Néanmoins, des croquis des œuvres de Karl, ainsi que des croquis des artisans accompagnés de ses commentaires, ont été conservés jusqu’à nos jours.
Les quatre fils de Fabergé aidaient à diriger l’entreprise.
Il ne fabriquait pas que des joyaux de luxe
Bien que Fabergé soit associé aux objets précieux, l’entreprise fabriquait également de nombreux objets destinés au grand public. Parmi ceux-ci, figuraient de l’argenterie, de la vaisselle, des souvenirs, des étuis à cigarettes et des montres. Et pendant la Première Guerre mondiale, la maison a même produit des articles destinés au front : des tasses pour soldats, des boucles de ceinture et du matériel médical.
Il a fini ses jours en exil
Fabergé n’a pas accepté la révolution de 1917. Il a d’abord tenté de céder sa maison à la mission diplomatique suisse, espérant bénéficier de l’immunité diplomatique, mais cela n’a pas empêché la confiscation de ses biens. Fabergé a donc quitté la Russie et est mort en 1920 à Lausanne, ayant pratiquement tout perdu.
Ses fils partirent eux aussi. Ils tentèrent de relancer l’entreprise familiale de joaillerie à l’étranger.
La maison de joaillerie a connu une seconde vie
Les fils de Karl ont en effet fondé la société Fabergé & Cie, qui se consacrait à la restauration et à la fabrication de bijoux. Cependant, parallèlement à eux, une société nommée Fabergé Inc. a existé pendant de longues années : elle a vu le jour aux États-Unis et produisait des parfums et des produits d’entretien ménager. Les droits juridiques d’utilisation des marques n’ont été rachetés qu’en 2007, et la société Fabergé a alors enfin renoué avec la famille Fabergé.
En 2025, la maison de joaillerie Fabergé a été rachetée par la société d’investissement américaine SMG Capital, qui appartient à l’entrepreneur de Nijni Novgorod Sergueï Mossounov.
Dans cet autre article, découvrez en vidéo les mécanismes de Fabergé comme vous ne les avez jamais vus.