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Comment un prince russe perdit-il sa femme aux cartes?

Kira Lissitskaïa (Photo: Domaine public; Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images; Open AI)
La malheureuse se sentit terriblement offensée puis épousa son amant.

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Au milieu du XVIIIe siècle, la famille des princes Golitsyne comptait parmi les plus riches de Russie. Elle possédait notamment près d’une centaine de villages autour de Moscou.

Dans son livre Excentriques et Originaux Hors du Commun, l’historien Mikhaïl Pyliaïev décrit ainsi l’un des représentants de cette lignée, Alexandre Golitsyne : « Ce Golitsyne possédait 24 000 paysans et une fortune énorme qu’il dépensa inconsidérément : il en perdit une partie aux cartes et une autre dans des extravagances inouïes. Il offrait tous les jours du champagne à ses cochers, allumait les pipes de ses invités avec des assignats de grande valeur, jetait des poignées d’or par les fenêtres pour que les voitures de louage se pressent devant sa résidence, et autres choses du même genre ».

En 1789, il épousa Maria Viazemski. Elle était d’une telle beauté qu’on la surnommait Junon. Leur vie de couple fut un échec. De l’avis de ceux qui les connaissaient, le prince Alexandre Golitsyne était un tyran domestique. Il ne regardait pas à la dépense pour que sa femme soit habillée à la dernière mode. Il l’emmenait à tous les bals, dont chacun lui donnait l’occasion de se vanter d’avoir une femme aussi séduisante.

Lors d’un de ces événements mondains, Maria Golitsyne fit la connaissance du comte Lev Razoumovski et en tomba amoureuse. Cet homme brillant et érudit aimait lire, appréciait les arts et s’intéressait aux sciences. Il fut l’un des premiers nobles à planter un jardin d’hiver dans un de ses hôtels particuliers. Le comte Razoumovski éprouva bientôt des sentiments pour la princesse Golitsyne et se mit à chercher le moyen de la libérer de son mariage malheureux.

Il pensa d’abord provoquer le prince Golitsyne en duel. Il lui vint ensuite une idée aussi astucieuse qu’indélicate. Lors d’une nuit passée à jouer aux cartes, au cours de laquelle le prince avait perdu une somme énorme au profit du comte, celui-ci lui laissa la chance de se refaire : soit il gagnait la partie et récupérait son argent, soit il perdait la partie et ... sa femme. Le joueur invétéré qu’était le prince Golitsyne accepta, joua et ... perdit.

Lev Razoumovski repartit avec Maria Golitsyne et laissa sur la table de jeu l’argent que le prince avait perdu. Bien que soulagée d’avoir été libérée de son mari, Maria Golitsyne se sentit terriblement insultée : comment une princesse de la lignée des Viazemski avait-elle pu être jouée aux cartes comme une vulgaire serve ?! Cette histoire scandaleuse alimenta les conversations de salon dans les meilleures maisons de Moscou et Saint-Pétersbourg. Le bruit qu’elle fit permit à Maria Golitsyne d’obtenir de l’Église le divorce. En 1802, elle épousa le comte Razoumovski.

Maria Razoumovski reste également connue pour avoir commandé à Karl Brioullov le tableau Le Dernier Jour de Pompéi.

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